par Jacky Barozzi 15 avril 2026
Légende 1 : Alain Delon est venu pour la première fois à Cannes en 1956. Il accéda à la notoriété quatre ans plus tard, avec le film Plein Soleil de René Clément. Il avait alors 25 ans. C’est à ce moment-là que son histoire avec le Festival de Cannes a commencé. Sur la photo, il vient présenter son premier film en sélection officielle, Quelle joie de vivre de René Clément en 1961. Ce sera ensuite le tour de L’Éclipse d’Antonioni en 1962 et du Guépard de Luchino Visconti, en 1963. L’année où il tourne Mélodie en sous sol d’Henri Verneuil, au Palm Beach, avec Jean Gabin. Plus tard, sa relation avec Cannes devient plus tendue, sinon avec la ville du moins avec son Festival. Delon ne viendra pas présenter Monsieur Klein de Joseph Losey en 1976, film pour lequel il aurait largement mérité le prix d’interprétation masculine. En revanche, il fera une entrée spectaculaire en hélicoptère puis en bateau pour présenter Nouvelle Vague de Jean-Luc Godard en 1990. La reconnaissance de l’acteur viendra plus tard…
par Jacky Barozzi 14 avril 2026
Légende 1 : Née en Tunisie, Claudia Cardinale devint très vite une star internationale. Enchaînant les films d’auteur ou les films de divertissement. Au total, 60 ans de carrière jalonnés de succès critiques et populaires avec plus d’une centaine de titres dont 9 ont été présentés en Sélection officielle au Festival de Cannes parmi lesquels La Fille à la valise de Valerio Zurlini (1961), Huit et demi de Federico Fellini (1963), Le Guépard de Luchino Visconti (Palme d’or 1963), Fitzcarraldo de Werner Herzog (1982) ou Henri IV de Marco Bellocchio (1984). Fidèle parmi les fidèles de la Croisette, elle est venue à Cannes la première fois en 1961, posant sagement assise en robe blanche et sandalettes sur une pelouse proche de l’ancien Palais du festival. Deux ans après, Claudia Cardinale revint au Festival de Cannes, à l’affiche de deux grands films en compétition.
par Jacky Barozzi 13 avril 2026
Légende 1 : Le jour où le président de la République est venu se mêler aux dieux de l’Olympe cinématographique. Jusqu’alors, de nombreux ministres de tutelle s’étaient succédé sur les marches du palais du Festival de Cannes mais de président de la République française, jamais. Jacques Chirac est le seul président en exercice à avoir honoré de sa présence la manifestation cannoise. Il le demeure à ce jour. Une consécration pour laquelle il fallu toute l’opiniâtreté de Gilles Jacob afin de lever les réticences de Claude Chirac, qui jugeait l’évènement trop « paillettes » pour l’image de son vénérable père. Et aussi une occasion unique pour marquer le coup. C’est ainsi que pour le 50e anniversaire du Festival de Cannes 1997, Jacques Chirac vint déjeuner avec les membres du jury, présidé alors par Isabelle Adjani, et les 28 « Palmes d’or » encore en vie, qui avaient accepté de venir à Cannes pour la circonstance, tels Antonioni, Lakhdar Hamina, Rolland Joffé, Costa-Gavras, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Wim Wenders, Francesco Rosi, Claude Lelouch, Andrzej Wajda, les frères Coen, Emir Kusturica, David Lynch… et une seule femme, Jane Campion.  Légende 2 : Ce n'est pas Gong Li, membre du jury, qui était prévue à la droite de Jacques Chirac, sur la photo, mais Jane Campion. La réalisatrice Néo-Zélandaise déclina cette proposition car peu après son entrée en fonction en 1995, Jacques Chirac avait autorisé la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique. Une décision qu’elle ne voulait pas avoir l’air de cautionner. Le déjeuner dura environ trois heures et Jacques Chirac, parut heureux de ce voisinage et mangea de bon appétit. Pour marquer son soutien, il déclara que le cinéma français était : « un cinéma qui vit, un cinéma qui gagne, un cinéma qui se développe, qui exporte..." Le lendemain, il partait pour un voyage officiel en… Chine. Cette année-là, lors de la soirée d’ouverture une Palme des palmes a été décernée au cinéaste suédois Ingmar Bergman par tous les lauréats de la Palme d'or présents à Cannes. Souffrant, c’est sa fille, Linn Ullmann, qui vint chercher le prix qui lui fut remis par sa mère, l'actrice Liv Ullmann.
par Jacky Barozzi 12 avril 2026
Légende 1 : Les tribulations de Marguerite sur la Croisette. Venue au cinéma avec l’écriture du scénario original de Hiroshima mon amour , d’Alain Resnais, en 1959, Marguerite Duras se trouva ensuite fort déçue par l’adaptation de ses romans, tels Moderato cantabile , Dix heures et demie du soir en été ou Le marin de Gibraltar , décidant alors de passer à la réalisation. C’est ainsi qu’au Festival de Cannes 1975, nous pûmes succomber, au charme envoutant - j’y étais -, de India Song , avec Delphine Seyrig, Michael Lonsdale et la voix off de Marguerite Duras ! Sans oublier la musique enjoleuse du compositeur argentin Carlos d'Alessio. Au point que de nombreux critiques s’activèrent cette année-là pour que le film, présenté pourtant, hors compétition, dans la section « Les Yeux fertiles », obtienne la Palme d’or. Parmi eux, Gilles Jacob, futur président du festival, critique à L’Express. Deux ans plus tard, Le Camion , où l'on voit Marguerite Duras expliquer à Gérard Depardieu ce que pourrait être son film, figurera en compétition officielle au Festival de Cannes 1977, présidé par Roberto Rossellini. Hélas, le film repartit bredouille. Légende 2 : Marguerite Duras partant à l'assaut de l’ancien Palais du festival de Cannes, escortée par le secrétaire d’État à la culture de l’époque, Michel Guy, en 1977.
par Jacky Barozzi 11 avril 2026
Légende 1 : Familier de la ville à laquelle il restera fidèle jusqu’à sa mort en 1963, Jean Cocteau était déjà présent dès la première édition du festival du film en 1946. Ne manquant pas de saluer au passage Michèle Morgan, héroïne de La Symphonie pastorale de Jean Delannoy, film adapté du roman éponyme d'André Gide, rôle pour lequel elle obtint le Grand prix international de la meilleure interprétation féminine. Réalisateur reconnu de films devenus des classiques, parmi lesquels La belle et la bête (1946), Les Parents terribles (1948) ou Orphée (1950), il était donc tout à fait légitime de lui proposer, au début de l'année 1953, de présider le jury du 6e Festival de Cannes. Poste qu’il accepta avec enthousiasme, en posant au préalable une condition : « il faut que ce festival soit celui de la gentillesse». Prenant cette responsabilité très au sérieux, il demanda que chaque membre du jury ait l'obligation de voir deux fois chacun des films de la sélection. C’est Le Salaire de la peur de Henri-Georges Clouzot qui emporta alors le Grand Prix du jury. Cocteau sera reconduit à la même fonction l’année suivante et nommé président d’honneur du festival en 1957. En 1959, il parraina le jeune François Truffaut, qui triompha avec ses 400 coups. 
par Jacky Barozzi 9 avril 2026
Légende 1 : Jean-Pierre Léaud et François Truffaut lors de la présentation du film Les 400 Coups , Grand Prix de la Mise en scène au Festival de Cannes 1959. Cette année-là, le jury était présidé par Marcel Achard et la Palme d’or fut attribuée à Orfeu Negro de Marcel Camus. Légende 2 : Enfant emblématique de la Nouvelle Vague, Jean-Pierre Léaud viendra régulièrement sur la Croisette. Notamment lors de la présentation du film La Maman et la Putain de Jean Eustache, Grand Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes 1973. La consécration viendra enfin avec l’attribution de la Palme d’or d’honneur, lors de la cérémonie de clôture du Festival de Cannes 2016. Celle-ci avait été précédée par la présentation en « séance spéciale » de La Mort de Louis XIV du réalisateur espagnol Albert Serra, avec Jean-Pierre Léaud dans le rôle du Roi Soleil agonisant. Dans son discours de remerciement, il déclara : « Je suis né à Cannes en 1959 (…) Après la projection, j’étais porté en triomphe... Je n’ai jamais voulu construire une carrière, mais tourner avec des réalisateurs que j’aime. Depuis 50 ans que je monte et redescends les marches, je me pose la question : Qu’est-ce que le cinéma ? Je n’ai toujours pas réussi à résoudre l’énigme. Le cinéma est le seul art qui capture la mort au travail. »
par Jacky Barozzi 8 avril 2026
Légende 1 : Sophia Loren venue présenter L'Or de Naples de Vittorio De Sica, en ouverture du Festival de Cannes en 1955. Légende 2 : « Brusquement, toute la ville s'est mise à parler italien. Ou plus exactement, brusquement, on n'a plus entendu parler que l'italien, la voix de ceux qui ne connaissent pas la langue de Dante et de Toto, étant étouffée, submergée, supprimée par les chantants accents de Naples, de Milan ou de Rome. Quand l'Italie décide de faire quelque chose, elle le fait bien. Cannes a été purement et simplement annexée en vingt-quatre heures. L'hôtel Martinez, quartier général de leur tête de pont, partent ordres et contre-ordres, ce qui, chez les Italiens, est d'ailleurs la même chose. Les ascenseurs ne fonctionnent plus qu'à leur commandement et grincent seulement avec l'accent napolitain. Le spaghetti se portera cette année vert, blanc, rouge et en bandoulière comme le grand cordon de la Légion d'honneur. Mais à ce drapeau splendide et envahissant, il fallait une forte poigne pour le brandir. L'Italie n'a pas eu à s'inquiéter bien longtemps dans sa recherche d'un tambour majeur à la hauteur. Celui-ci a un mètre soixante dix, des yeux qui finiront bien, à force d'entraînement, par rejoindre le commencement des oreilles, un port de monarque dont le Parlement viendrait de voter le pouvoir absolu, celui-ci d'ailleurs est un terme impropre, le porte-drapeau de l'Italie est en effet une femme, il n'y a même aucun doute là-dessus puisqu'il s'agit de Sophia Loren. Sa venue à Cannes a fait exactement l'impression d'un cyclone dévastateur. Il lui a suffit de paraître, de marcher. » (François Chalais) 
par Jacky Barozzi 7 avril 2026
Le Festival de Cannes en légendes Légende 1 : 2020 fut une année blanche et noire et masquée. Initialement prévue du 12 au 23 mai, la 73e édition du Festival de Cannes fut annulée en raison de la pandémie de Covid-19. Légende 2 : Finalement, une édition réduite de la sélection officielle nommée « Spécial Cannes 2020 », organisée en collaboration avec la Mairie de Cannes, se tint au Palais des festivals, du 27 au 29 octobre. Cet évènement exceptionnel permit à de nombreux Cannois d’assister à l'avant-première de quatre films de la sélection officielle : Un triomphe d’Emmanuel Courcol avec Kad Merad, Les Deux Alfred de Bruno Podalydès avec Sandrine Kiberlain, Asa Ga Kuru ( True Mothers ) de la réalisatrice japonaise Naomi Kawase et Beginning ( Au commencement ) le premier film du cinéaste géorgien Déa Kulumbegashvili, ainsi qu’aux courts métrages sélectionnés en compétition et aux films d’école de la Cinéfondation. Le soir du 29 octobre, un tapis noir remplaça l'habituel tapis rouge sur les marches du Palais des Festivals et une minute de silence fut faite en hommage aux trois victimes de l'attentat survenu le matin même dans la basilique de Nice.
par Jacky Barozzi 6 avril 2026
Le Festival de Cannes en légendes Légende 1 : Le 10 mai 1985 , Jean-Luc Godard se fait entarter dans les couloirs du Palais des Festivals de Cannes, lors de la projection de Détective , avec Johnny Hallyday et Nathalie Baye. L’un des 20 films présentés en compétition Avec Pale Rider, le cavalier solitaire de Clint Eastwood, Poulet au vinaigre de Claude Chabrol, Mishima de Paul Schrader, Adieu Bonaparte de Youssef Chahine, Rendez-vous d’André Téchiné ou encore Le Baiser de la femme araignée d’Héctor Babenco, Colonel Redl d’Istvan Szabo et Birdy d’Alan Parker… Le jury était présidé par Milos Forman et, à la surprise générale, c’est Papa est en voyage d’affaire , le second long métrage d’Emir Kusturica, 30 ans, qui remporta la Palme d’Or. Légende 2 : La tarte à la crème, une tradition du cinéma burlesque
par Jacky Barozzi 6 avril 2026
Thierry Frémaux La reine Isabelle Huppert est là, pour Elle de Paul Verhoeven. Détendue, joyeuse et amicale. Ce soir, le public saisira l’intensité de la passion qui l’habite et la modestie fondamentale qui la conduit à faire des choix extraordinairement risqués. Maîtresse de cérémonie, jurée, présidente du jury, un nombre incalculable de sélections, prix d’interprétation (deux fois) et actrice de quelques Palmes d’or : sa relation avec le Festival est sans égale. À Venise, Berlin, les César, les BAFTA, les Oscars, les Donatello, elle s’est alignée partout, elle s’est battue, elle a perdu, elle a gagné. Une centaine de films au compteur, Isabelle est une force qui va. Volonté de fer et physique de jeune fille, l’esprit suit : elle connaît le cinéma comme artiste jamais rassasiée et comme spectatrice toujours assidue. Sa filmographie témoigne qu’elle est prête à toutes les aventures. Sélection officielle Photo : 2022. Isabelle Huppert en grenouillère verte, signée Balenciaga. 
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