« Un beau matin » de Mia Hansen-Løve, avec Léa Seydoux, Pascal Greggory, Melvil Poupaud et Nicole Garcia.
Sandra (Léa Seydoux), traductrice d’allemand, veuve depuis cinq ans, vit seule avec sa fille dans un appartement proche de la mosquée de Paris.
En allant chercher celle-ci à l’école, elle croise Clément (Melvil Poupaud), le père d’un élève, ancien ami de son mari, qu’elle avait perdu de vue.
Une rencontre qui marque la renaissance des sens et des sentiments chez cette femme, qui n’avait plus fait l’amour avec un homme depuis la mort de son mari.
Tandis qu’elle entre à nouveau dans l’esprit et le coeur de cet ami-amant, son souvenir s’estompe peu à peu dans la tête de son père (Pascal Greggory).
Un prof de philo atteint de troubles cognitifs de plus en plus graves.
Au point qu’il faille le placer dans un établissement spécialisé.
Léa Seydoux (un mixte de Jane Birkin, pour l’indétermination de genre, et de Jean Seberg, pour les cheveux courts), pleure beaucoup : son père est transféré d’ehpad en ehpad avant d’échouer au Jardin de Montmartre, un établissement plus convenable, et son amant, qui lui jure pourtant un amour passionné, a dû mal à quitter sa femme.
Contre toute attente et au-delà d’un certain agacement, Léa Seydoux réussit l’exploit de m’émouvoir.
Dans la position du mâle indécis, Melvil Poupaud ne démérite pas vraiment mais ne brille guère non plus.
Incarnant le père de Sandra, Pascal Greggory, à la mémoire vacillante, de plus en plus hébété et poussant des petits cris d’étonnement devant tout ce qui lui arrive, parvient à être plus drôle que dramatique.
Quant à Nicole Garcia, dans son rôle d’ex épouse du père, en bourgeoise de gauche froide et pragmatique, fière surtout d’avoir été retenu 4 heures au poste de police pour avoir participé à une opération coup de point avec des écolos et des gilets jaunes, elle se révèle parfaite.
Fille d’un traducteur et d’une prof de philo, Mia Hansen-Løve puise généralement son inspiration dans ses souvenirs autobiographiques.
Sa petite musique singulière, toute en émotion, plus proche cependant de Sagan que de Duras, n’échappe pas à l’écueil du roman photo à destination des bobos.
Ici, les enfants qui ont largement atteint l'âge de raison croient encore au père Noel !
Le seul temps fort du film, c’est lorsqu’elle donne à entendre quelques brides du journal que tint son père quand il commença à perdre la mémoire.
Face à la perte de ses repères temporels et visuels et prenant conscience que bientôt il ne pourrait plus recourir à ce qui avait structuré sa vie : à savoir la lecture, il écrivit : « Un beau matin… »
La suite, sa fille s'est chargée de nous la conter elle-même.
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