Jean-Luc Godard - Histoire(s) du cinéma
« The French Dispatch » de Wes Anderson, avec Timothée Chalamet, Léa Seydoux, Bill Murray, Saoirse Ronan, Adrien Brody, William Dafoe, Frances McDormand, Benicio Del Toro, Cécile de France, Mathieu Amalric, Guillaume Gallienne, Hippolyte Girardot, Félix Moati…
Avec son dixième long métrage, le cinéaste américain Wes Anderson nous offre son film le plus génialement déjanté.
The French Dispatch, qui se présente comme un hommage au cinéma français, des origines à nos jours, est une véritable anthologie cinématographique dont les histoires, les situations et les personnages sont directement inspirés du cinéma hexagonal et où les moindres décors et objets portés jusqu'aux clichés : baguette, camembert et béret basque relèvent carrément de la mythologie.
Ce film de Wes Anderson est un patchwork d'emprunts à notre filmographie nationale de plans, de dialogues et de paysages tout à la fois décalqués et décalés : l'imaginaire singulier du cinéaste, son style bien particulier, se caractérisant par la transposition de tous les imaginaires puisés dans sa cinémathèque idéale.
Ici, chaque image et chaque personnage sont la résultante de plusieurs clés, de telle sorte qu'à la projection du film le spectateur semble invité à les retrouver.
Un exercice tout aussi passionnant qu'éprouvant !
A l’occasion de la mort de son rédacteur en chef, The French Dispatch met en scène, sous forme d’un film à sketchs, quatre reportages tirés du dernier numéro d’un magazine culturel américain (The French Dispatch of the Liberty, Kansas Evening Sun) publié dans une ville française fictive de la seconde moitié du 20e siècle.
Baptisée Ennui-sur-Blasé, celle-ci fait irrésistiblement penser à Paris-sur-Seine, mais pas seulement, et le magazine en question à une version française du New Yorker.
Mêlant la langue française et anglaise, le noir et blanc et la couleur, l’esthétisme du réalisme poétique à celui du cinéma d’animation, Wes Anderson nous conte, sur le mode de la nostalgie et de la tendresse et une bonne dose d’humour en plus, une France et un Paris de rêves éveillés et
émerveillés : sa vie nocturne et ses bas-fonds, ses artistes fous et sa bohème, son art de vivre et sa cuisine sans pareils, ses révoltes estudiantines, tels qu’ils furent jadis photographiés par Man Ray, Cartier-Bresson ou Robert Doisneau ou filmés Par Marcel Carné, Jacques Tati ou François Truffaut.
Une France du temps perdu et retrouvé, mais où le narrateur-reporter ressemblerait plus à James Baldwin ou Ernest Hemingway qu’à Marcel Proust.
Un film si riche de référents et de signes, qu'il est conseillé de le voir deux fois d'affilée pour en prendre toute la mesure !
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