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Scène de la vie quotidienne actuelle au Champ-de-Mars.




JARDIN DU CHAMP-DE-MARS 1908-1928

7° arr., quai Branly, avenue de la Motte-Picquet, M° Ecole- Militaire ou RER Champ-de-Mars-Tour-Eiffel



   Fondée par Louis XV en 1751 dans la plaine de Grenelle, l’Ecole militaire était destinée à la formation de 500 gentilshommes sans fortune désireux de servir dans les armées du roi. L’architecte Jacques-Ange Gabriel mena les travaux de 1751 à 1773 et dès 1760, alors que l’édifice n’était pas encore achevé, l’école ouvrait ses portes. De 1765 à 1767, Gabriel transforma le terrain qui s’étendait entre les nouveaux bâtiments et la Seine en un vaste champ de manœuvre pour l’exercice des élèves et le passage en revue des troupes royales. Il n’y avait là auparavant que des jardins maraîchers et l’esplanade fut baptisée Champ-de-Mars par référence au dieu romain de la guerre. Elle était bordée sur toute sa longueur par huit rangées d’ormes de chaque côté et entourée de profonds fossés, dans lesquels Antoine Augustin Parmentier planta vers 1775 les premières pommes de terre, dont il voulait répandre la culture en France. Il les faisait garder le jour par des soldats mais laissait l’accès libre la nuit afin que les Parisiens, intrigués, puissent venir les voler, espérant ainsi les habituer à ce nouvel aliment originaire d’Amérique du Sud et introduit en Europe par les Espagnols. Le Champ-de-Mars ne remplit pas longtemps la fonction pour laquelle il avait été conçu car l’école ferma en 1787. Les bâtiments servirent de caserne puis accueillirent en 1878 l’Ecole de Guerre, qui l’occupe toujours avec d’autres établissements militaires d’enseignement supérieur.

 




   En 1780 eurent lieu au Champ-de-Mars les premières courses de chevaux, un divertissement importé d’Angleterre. C’est là que le physicien Charles lâcha en 1783 le premier ballon à hydrogène et que l’aéronaute Blanchard fit l’année suivante la première tentative pour diriger un ballon. Le Champ-de-Mars servit ensuite de cadre à de nombreuses manifestations révolutionnaires. Le 14 juillet 1790, date anniversaire de la prise de la Bastille, Talleyrand y célébra une messe à l’autel de la Patrie et des gradins furent aménagés tout autour de l’esplanade pour accueillir les 300 000 spectateurs. Le 8 juin 1794, ce fut au tour de Robespierre d’y fêter l’Être Suprême.

 


La Fête de l'Être Suprême au Champs de Mars.



   En 1798 s’ouvrit ici la première exposition française des produits de l’Industrie, préfiguration des Expositions universelles. Sous l’Empire, en 1804, Napoléon y distribua aux soldats de sa Grande Armée les drapeaux qu’ils allaient porter à la conquête de l’Europe. Enfin et surtout, c’est au Champ-de-Mars que se sont tenues les Expositions universelles de 1867, 1878, 1889, 1900 et 1937. C’est celle de 1889 qui a vu la construction de la tour de l’ingénieur Gustave Eiffel, dont le buste en bronze doré, par Antoine Bourdelle (1927) figure en bonne place près de l’un des piliers de la tour.

  Jusqu’en 1889, le Champ-de-Mars était propriété de l’Armée, mais c’est à cette date que la Ville l’obtint en échange de terrains situés à Issy-les-Moulineaux qui constituent aujourd’hui l’Héliport de Paris.

 





   Le Champ-de-Mars est transformé en jardin entre 1908 et 1928 par l’architecte Jean-Camille Formigé mais sa surface est alors amputée pour le lotissement des terrains qui le bordent au nord et au sud, sur lesquels vont s’élever des immeubles de luxe et des hôtels particuliers avec jardins communiquant par des grilles avec le Champ-de-Mars.

  Les abords de la tour Eiffel furent aménagés les premiers et traités en jardin anglais, avec pièces d’eau, cascade et grotte. La guerre interrompit les travaux et le reste de la promenade fut traitée à la française.

 




 Les vastes pelouses centrales, qui forment la perspective entre la tour Eiffel et l’Ecole militaire, sont bordées de zones paysagères aux beaux arbres centenaires et encadrées de part et d’autre par deux anciennes allées cavalières.

  En 1989, pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française, le sculpteur Yvan Theimer a réalisé le Monument aux Droits de l’Homme, situé en face de la rue de Belgrade.



Le Monument aux Droits de l’Homme.


© Jacques Barozzi et Marie-Christine Bellanger-Lauroa, 2022


par Jacky Barozzi 19 février 2025
Anacreon de Jean-Baptiste Claude Eugène Guillaume (1822 - 1905), marbre réalisé en 1849-1851. Au musée de l’homme nu Installé dans l'ancienne gare d'Orsay, le musée éponyme a été inauguré en 1986. Dit aussi musée du XIXe siècle, ses collections de peinture, sculpture, arts décoratifs, art graphique, photographie, architecture… en font l’un des plus grands musées d'Europe pour cette période. Outre la richesse des tableaux impressionnistes qui y sont exposés, on y trouve aussi quelques unes des plus belles sculptures de la seconde moitié du XIXe et du début du XXe siècle, époque flamboyante de la sculpture parisienne. Aux oeuvres de Rodin ou Bourdelle, déjà évoquées précédemment, mentionnons la puissance et la grâce des principaux nus masculins conservés à Orsay.
par Jacky Barozzi 17 février 2025
Le Génie de la Liberté , bronze de 1885, musée du Louvre. Splendeur et humilité de l’homme nu 4e, 11e et 12e arrondissements Place de la Bastille  Le Génie de la Liberté , dit aussi Le Génie de la Bastille , statue en bronze doré réalisée par Auguste Dumont (1801-1884). Elle surmonte depuis 1836 la colonne de Juillet. D'une hauteur de 4 mètres, elle figure la liberté sous des traits masculins et représente un génie ailé qui brandit, dans la main droite un flambeau et la gauche les chaînes brisées du despotisme, tout en s'élançant dans les airs depuis son pied gauche.
par Jacky Barozzi 16 février 2025
Hydrorrhage du sculpteur Jean-Robert Ipoustéguy. Un nu classé X 5e arrondissement Jardin Tino-Rossi, quai Saint-Bernard Aménagé en jardin entre 1975 et 1980, le quai Saint-Bernard est constitué d'une suite de promenades, entre les ponts d’Austerlitz et de Sully. C’est là qu’a été installé le musée de Sculptures en plein air de la Ville de Paris, consacré essentiellement aux œuvres de la seconde moitié du XXe siècle. Au centre, un rond-point constitué d’une succession de bassins semi-circulaires, abrite une bien singulière fontaine. Baptisée Hydrorrhage , celle-ci a été réalisée en 1975-1977 par l’architecte Daniel Badani et le sculpteur Jean-Robert Ipoustéguy. Derrière une imposante armure en forme de bouclier, on découvre un homme nu, harnaché d’un attirail relevant proprement de l’iconographie sado-masochiste, et suçotant une sorte de gland tout en se livrant à la masturbation ! Cette audacieuse œuvre, contemporaine de l’époque de la libération sexuelle, semble avoir dépassée les souhaits de son commanditaire. La municipalité a en effet récemment entouré d’un grillage et d’une haie d’arbustes l’ensemble des bassins, empêchant le visiteur de se rapprocher de cette fontaine, autrefois de plain-pied, et en a pudiquement détourné la gerbe principale, qui jaillissait du sexe du personnage et retombait dans le premier bassin depuis le gros tuyau recourbé au centre du bouclier, pour le remplacer dans un premier temps par les deux inoffensifs jets d’eau du bassin, situés de part et d’autre du groupe en bronze. Désormais, la fontaine est à sec et les bassins ont été transformés en pots de fleurs ! 
par Jacky Barozzi 14 février 2025
Le Triomphe de la République (détail), par Jules Dalou, 1899. Les nus triomphaux de Dalou Engagé dans les combats de la Commune, le sculpteur Parisien, Aimé Jules Dalou (1838-1902), ami d’Auguste Rodin, très en vogue dans le dernier quart du 19e siècle, nous a légué une multitude d’oeuvres monumentales ornant les façades, places, jardins, rues ou cimetières de la capitale. Des figures républicaines de style réaliste ou évoquant des scènes mythologiques, empreintes d’une sensualité affirmée, en marbre et en bronze.
par Jacky Barozzi 10 février 2025
Le dernier Calvaire de Paris (18e arr.) Christ et Atalantes Une multitude de Christ de douleur et d'Atlantes en sueur ornent les rues, les églises, les façades ou les cimetières de la capitale, parmi lesquels nous retiendrons ceux-ci. 18e arrondissement Quartier : La Chapelle La Croix de l'Évangile Cette croix de chemin ou calvaire, est la dernière visible à Paris. Elle est située à la jonction de deux chemins devenus, l'un la rue de l'Évangile, l'autre la rue d'Aubervilliers. Son histoire remonte au XVIe siècle, en 1540, à l’époque où une grande plaine s’étendait entre les villages de Saint-Denis, La Chapelle et La Villette, qui étaient alors à l’extérieur des remparts de la ville de Paris. C’était à l’époque, un lieu de vénération important. Chaque année, une grande procession effectuait un trajet triangulaire entre Saint-Denis, la croix de l’Évangile et La Villette. De la totalité des croix parisiennes détruites à la Révolution, seule celle de l’Évangile fut reconstruite en 1860 à son emplacement originel, au bout de la rue de l'Évangile, où les gazomètres de l’époque ont laissé la place à la zone d'activités Cap 18, qui est aujourd'hui la dernière zone Industrielle située dans Paris intra-muros.
par Jacky Barozzi 3 février 2025
Le Génie du sommeil éternel d'Horace Daillion au rond-point central du cimetière du Montparnasse (14e arr.). Éros necropolotain De nombreuses figures d’hommes nus, plein de vie ou de douleur, hantent les cimetières parisiens. Là, Éros n'est-il pas au plus près de Thanatos ?
par Jacky Barozzi 1 février 2025
Les Naufragés par Antoine Etex, 1859. Dangereuses chutes de reins au parc Montsouris 14e arrondissement Parc Montsouris  Conformément à la volonté de Napoléon III, la décision d’aménager cette grande promenade de 16 hectares sur le site de Montsouris fut prise en 1865. Les travaux commencèrent en 1867 sous la direction de l’ingénieur Jean-Charles Adolphe Alphand mais la guerre de 1870 les interrompit et le parc ne fut vraiment achevé qu’en 1878. De singulières sculptures d'hommes nus érotisent cette superbe promenade au sud de Paris.
par Jacky Barozzi 31 janvier 2025
Palais Bourbon (7e arr.), Prométhée animant les Arts , détail de la façade de la cour du pont (1837). Les hommes nus de Rude entre profane et sacré D’inspiration païenne, chrétienne ou républicaine de nombreuses figures d’hommes nus de François Rude (1784-1855), l’un des maîtres de la sculpture française du XIXe siècle, représentatif de la transition entre le néoclassicisme et le romantisme, sont visibles à Paris. Visite guidée en image ! 1er arrondissement Musée du Louvre
par Jacky Barozzi 24 janvier 2025
Le musée Rodin, vu du grand bassin au fond de la perspective ouverte depuis la façade principale. En son centre, on peut découvrir le groupe Ugolin et ses enfants , montrant ceux-ci mourant de faim et suppliant leur père de les dévorer, selon les célèbres vers de l’Enfer de Dante : « Le tourment, père, si tu nous manges, serait moindre pour nous ; c'est toi qui revêtis nos pauvres corps de chair, tu peux les dépouiller ».
par Jacky Barozzi 20 janvier 2025
L'histoire véritable d'un célèbre homme nu de Paris
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