« Fellini Satyricon » (1969) de Federico Fellini, avec Martin Potter, Hiram Keller, Magali Noël, Alain Cuny, Lucia Bose, Capucine...


 Parfois, lassé de l’eau tiède, j’ai le désir d’un alcool plus fort.

 Ainsi, devant les sorties de la semaine, me suis-je laissé tenter, sans l’ombre d’une hésitation, par la version remastérisée du Satyricon de Fellini, présentée au cinéma le Reflet Médicis, au Quartier latin.

 D’autant plus que je gardais une sentiment mitigé de sa première vision au Festival de Cannes, tandis que j’étais encore adolescent. 

 Je conservais le souvenir d’un film visuellement superbe mais un peu décousu dans son propos.

 Librement adapté de l’oeuvre de Pétrone, cette satire de tradition grecque et de langue latine, que l’on date de la première moitié du premier siècle de notre ère, ne nous est parvenue que par bribes.   

Généralement considéré comme le premier roman de l’histoire de la littérature, le Satyricon a pour cadre la Rome décadente du temps de Néron, et nous conte les tribulations de deux étudiants, Encolpe, le narrateur, et son ami Ascylte, ainsi que de l'adolescent Giton, tour à tour leur amant et domestique.

 





 Le fragment le plus long de ce savoureux roman est constitué par Le Dîner de Trimalchion, un esclave affranchi syrien, jouissant d’une immense fortune.

 L’occasion idéale pour Fellini de se livrer librement à une parfaite fantasmagorie sur la Rome antique et décadente : « Il n’y a pas de fin, il n’y a pas de début. Il n’y a qu’une infinie passion pour la vie. », déclara-t-il à la sortie du film. 

 En effet ! 

 D’où le probable ennui ressenti à la première vision.

 Un demi siècle plus tard, l’éblouissement est intact au point de vue esthétique : une superbe leçon de cinéma total liant images et imaginaire !

 Sans oublier la musique de Nino Rota, mixée avec les sons naturels, tel le bruit du vent, ou les costumes hauts en couleur et les décor baroques à souhait, typiquement felliniens.

 Avec le recul, l’histoire m’apparait désormais comme un voyage initiatique d’Encolpe et de son ami-amant Ascylte, un peu à la manière du Ulysse d’Homère. 

Mais plus orgiaque que guerrier, toutefois, quoique Eros et Thanatos y soient tout aussi intimement mêlés…

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