« Evolution » de Kornél Mundruczó et Kata Wéber, avec Lili Monori, Annamária Láng et Goya Rego.
Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2021, ce film nous conte en trois parties d’inégales longueurs, filmées en plan-séquence, trois générations d’une même famille en trois lieux différents.
Tout commence avec Eva, le bébé nu découvert par des soldats russes médusés, lors de la libération des camps, dans un conduit d’aération d’une chambre à gaz d’Auschwitz.
Ce qui nous donne droit à un premier plan-séquence dantesque, le plus court et le plus halluciné, en direct du camp de la mort et qui commence par un miracle.
Dans la deuxième partie, on retrouve Eva, devenue une vieille femme, filmée dans son grand appartement de Budapest (remarquable interprétation de Lili Monori).
Terrible confrontation entre l’enfant de la Shoah, qui n’oublie rien, et sa fille Lena, qui refuse d’en porter le poids.
C’est la partie la plus longue, la plus bavarde et, partant, la plus réflexive sur les problèmes liés, entre mémoire et avenir, à la transmission de la judéité.
Eva et Lena à Budapest.
La dernière partie est filmée quelques années après à Berlin, où Lena, qui a perdu sa mère et a divorcé, s’est installée avec son fils Jonas. Un jeune lycéen en butte aux brimades de ses camarades, des Allemands de pure souche protestante, et qui tombe amoureux d’une jeune musulmane, toute aussi désireuse que lui de prendre ses distances avec ses origines culturelles et cultuelles...
Après un détour par Hollywood, le cinéaste hongrois Kornél Mundruczó, dont on se souvient de son magistral « White Dog » (2014), qui racontait la révolte d’une horde de chiens errants de Budapest condamnés à mort par un pouvoir hygiéniste, est revenu filmer en Europe pour nous présenter ce film, produit par Martin Scorsese, au sujet particulièrement fort et filmé, comme à son habitude, avec maestria.
A noter ici la superbe mobilité de la caméra de Yorick Le Saux !
Ce film, a été réalisé et co-signé avec sa compagne et scénariste Kata Wéber, complice cinématographique avec laquelle il collabore depuis « White Dog », et mère de ses trois enfants.
Pour ce scénario, celle-ci a directement puisé dans sa propre histoire et celle de sa mère.
Une histoire pour laquelle Kornél Mundruczó a déclaré : « Sans être juif, je suis père de trois enfants juifs, donc cette histoire est également la mienne. »
Une histoire d'évolution transgénérationnelle, à dimension universelle, qui est aussi la nôtre !
https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19596399&cfilm=293302.html
Jonas et Yasmin à Berlin.
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