« As Tears Go By « ( Ainsi vont les larmes), de Wong Kar-Wai, avec Maggie Cheung, Andy Lau, Jacky Cheung, Kau Lam et Alex Man. 1988.
« Nos Années sauvages » de Wong Kar-Wai, avec Leslie Cheung, Andy Lau, Jacky Cheung et Maggie Cheung. 1990.
Les premiers films sont parfois les meilleurs.
Les premiers romans aussi.
Et certains coups d’essais sont souvent des coups de maîtres !
Cet été ressortent en salle les deux premiers films du cinéaste chinois Wong Kar-Wai, le réalisateur de l’inoubliable « In the Mood for Love » (2000).
L’occasion nous est ainsi donnée de constater la naissance, concomitante, d’un style et d’un cinéaste : le thriller romantique made in Hong-Kong à la fin des années 1980 de Wong Kar-Wai.
Ainsi que celle d’une pléiade d’actrices et d’acteurs, au jeu aussi nerveux que la caméra du cinéaste et à la beauté sans pareille de ses images.
Des histoires de mauvais garçons et de filles faciles ou innocentes, tous dotés néanmoins d’un coeur tendre, et pour lesquels, hélas, la mort sera toujours plus forte que l’amour !
Dans « As Tears Go By », inspiré du « Mean Streets » de Scorsese, la douce et sage Ngor (Maggie Cheung) n’empêchera pas le chef de bande Wah (Andy Lau), entrainé par sa loyauté envers son ami et protégé Fly (Jacky Cheung), un jeune chien fou, d’aller, après moult scènes de courses poursuites et de mémorables bastonnades, à la rencontre de son fatal destin.
Dans « Nos années sauvages », Yuddy, le mauvais garçon briseur de coeurs, est interprété par Leslie Cheung, tandis qu’Andy Lau joue ici le rôle d’un jeune policier, qui consolera Su (Maggie Cheung), la jeune fille un peu trop fleur bleue, que Yuddy a larguée pour Leung (Carina Lau), une entraîneuse de night-club plus affranchie.
Un film tout aussi sentimental, dans une atmosphère glauque mais cependant un peu moins violente que le précédent, prétexte, là encore, à de superbes trouvailles de mise en scène et de cadrages, où Wong Car-Wai peaufine son style, qui trouvera sa pleine mesure dans « In the Mood for Love », dix ans plus tard.
Dans la vie aussi, il arrive que nos destins se partagent entre la fiction et la réalité.
On peut déplorer que la consécration internationale ait fait perdre à Wong Kar-Wai sa manière inimitable, que l’on ne retrouve plus vraiment dans « Gucci » (2018), un bon film hollywoodien traditionnel.
Sans parler de Leslie Cheung, devenu un acteur emblématique du cinéma asiatique et une pop star, qui, après avoir révélé son homosexualité, s’est suicidé dix ans plus tard en sautant du 24ème étage du Mandarin Hôtel de Hong Kong, le 1 avril 2003, à l’âge de 46 ans…
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