« Close » de Lukas Dhont, avec Eden Dambrine, Gustav De Waele, Emilie Dequenne et Léa Drucker.
Deux jeunes garçons s’aimaient d’amour tendre.
Parce que c’était Lui, Léo (Eden Dambrine) et parce que c’était Lui, Rémi (Gustav De Waele).
Deux pré adolescents de13 ans, se vouant une amitié tout en osmose et complicité, tels des frères jumeaux, sans liens toutefois de sang ni de sexe.
Une amitié exclusive, qui fait se poser bien des questions à leurs petits camarades de classe : « Vous êtes un couple », leur demande ingénument et en public une jeune collégienne ?
Si semblables et néanmoins différents -Léo est aussi blond que Rémi est brun-, partageant les mêmes aspirations, les mêmes jeux et le même imaginaire, leurs réactions face aux allusions insidieuses des autres, vont se révéler pourtant totalement divergentes.
Tandis que les lazzis laissent Rémi indifférent, il n’en ira pas être de même pour Léo.
Ce dernier, pour qui cette relation fusionnelle finit par devenir trop pesante, semble vouloir dénouer les liens indissolubles qui le rattachent à son alter ego.
C’est alors qu’il va se lier d’amitié avec un autre camarade de classe, un beau garçon d’apparence plus mature, grâce auquel il va découvrir et partager un nouveau sport collectif, plus violent et plus viril, le hockey sur glace.
Un signe de trahison, annonciateur d’une future rupture ?
Rémi accusera le coup sans broncher mais non sans larmes, avant d’accomplir un acte irrémédiable…
Tout aussi silencieux sera ensuite le chagrin de Léo, envahi par un fort sentiment de culpabilité, qu’il ne parviendra à dire, qu’à l’issu d’un sinueux parcours de deuil, à la mère de son meilleur ami (remarquable prestation d’Emilie Dequenne).
Il fallait toute l’empathie rétroactive et une parfaite maîtrise, pour conduire, sans hiatus et en tenant le spectateur en haleine, en alerte, la ligne mélodique de ce scénario tout en fragilité et sensibilité.
Exploit qu'est parvenu à réaliser le cinéaste belge Lukas Dhont, avec ce second long métrage, justement récompensé du Grand Prix au Festival de Cannes 2022 (ex æquo avec « Stars At Noon » de Claire Denis), et qui avait déjà reçu la Caméra d’or pour son premier long métrage, « Girl » en 2018.
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