« Bowling Saturne » de Patricia Mazuy, avec Arieh Worthalter, Achille Reggiani et Y Lan Lucas.
J’ai toujours du mal à parler des films que je n’ai pas aimé, préférant me cantonner généralement à ceux qui m’ont plu et convaincu.
Il me faut cependant faire un effort pour rendre compte de ce film, encensé par la critique, de Patricia Mazuy, une cinéaste qui compte dans le paysage cinématographique actuel et fait l’objet d’une rétrospective à la Cinémathèque Française.
Pourquoi suis-je resté constamment à l’orée du film, sans jamais parvenir à y entrer ?
A cause d’une certaine violence pour la violence ?
Ou bien au malaise éprouvé face à cette histoire où les hommes sont réduits à des prédateurs sanguinaires et les femmes, qui font ici de la figuration macabre, à des proies sacrificielles ?
J’avoue n’avoir pas bien compris non plus l’enjeu de ce thriller morbide, dont le thème principal semble être de nous démontrer que la violence serait d’ordre génétique et principalement du genre masculin.
Ici, deux frères, Guillaume (Arieh Worthalter), l’aîné, fils légitime, et Armand (Achille Reggiani), le cadet, bâtard, héritent du Bowling saturne, l’établissement de leur père à la périphérie de Caen.
Amateur de safaris en Afrique, ce dernier leur à légué, en outre, son vieux chien et la compagnie de joyeux chasseurs (tous plus abrutis l’un que l’autre) qui fréquentent assidument l’établissement nocturne.
L’aîné, seul héritier en titre, qui est très occupé par son travail d’inspecteur de police, se voit contraint d’abandonner la gestion du bowling à son cadet, un jeune homme instable et vivotant jusqu’alors de petits boulots.
Mais une fois installé dans les meubles, les trophées de chasse et les armes de son père, et revêtu de ses beaux habits, celui-ci retrouve instinctivement toute son assurance et commence une carrière de… serial killer !
L’aîné, quoiqu’au service du bien, ne semble guère en reste, question violence, lui non plus.
Chargé de l’enquête sur l’horrible massacre de jeunes filles de la région, il fait pression sur une écologiste pour qu’elle ne porte pas plainte contre l’un des chasseurs, ami de son père, qui l’avait menacé de mort.
Une relation amoureuse s’en suivra même entre le flic et l’écologiste, dans laquelle celui-ci se montrera peu tendre avec sa partenaire.
La violence se déchainerait-elle au gré des circonstances ?
Des actions caricaturales et un jeu d’acteur maladroit, notamment d’Achille Reggiani (le propre fils de la réalisatrice et de Simon Reggiani et le petit-fils du grand Serge), ont contribué à me tenir sur le réserve tout au long de la projection…
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