« Hijo de Sicario » de Astrid Rondero et Fernanda Valadez, avec Juan Jesús Varela, Yadira Pérez et Karla Garrido.
Les hasards de la distribution nous permettent de voir cette semaine deux films sur la violence de l’univers impitoyable des narcotrafiquants mexicains.
Nous permettant ainsi de découvrir, dans la lignée du flamboyant « Emilia Perez » de Jacques Audiard, le premier long métrage en commun des cinéastes Astrid Rondero et Fernanda Valadez.
Deux films que tout oppose et qui se complètent pourtant sur bien des points.
Tandis que l’un a obtenu le Prix du jury au Festival de Cannes, l’autre l’a emporté pareillement au Festival de Sundance 2024.
De même que les deux récits épousent le point du vue d’un personnage singulier, le chef de cartel Manitas qui rêve de devenir une femme pour le premier, et ici, dans un style nettement plus néoréaliste,
celui d’un enfant de quatre ans, fils d’un tueur à gages dans une petite ville mexicaine, dont la mère est morte à sa naissance et dont le père vient d’être assassiné.
Destiné lui aussi à être tué, selon les lois de la vengeance propres à l’univers hautement machistes des sicarios, il ne devra sa survie qu’à sa tante et l’une de ses amies, qui le protègent et l’élèvent à la campagne.
Déterminé à suivre la voie paternelle à l’adolescence, Sujo est embrigadé à son tour dans les mailles mortifères de la mafia locale et devra s’enfuir à Mexico, où un autre destin l’attend et où une autre femme, là aussi, viendra à son aide…
Plus militant et féministe que la comédie transgenre de Jacques Audiard, le film d’Astrid Rondero et Fernanda Valadez n’en est pas moins efficace, bien au contraire.
D’autant plus que le mal de l’économie parallèle des gangs de la drogue s’est délocalisée et enracinée depuis longtemps parmi la jeunesse des banlieues et de la périphérie de nos grandes villes.
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