« Les Harkis » de Philippe Faucon, avec Théo Cholbi, Mohamed El Amine Mouffok et Pierre Lottin.
Né au Maroc, le réalisateur Philippe Faucon, 64 ans, traite souvent dans ses films du sort des immigrés, toutes problématiques et générations confondues.
Dans « La Trahison » (2005), il avait déjà abordé le thème de la guerre d'Algérie, en s’inspirant du livre-témoignage d'un sous-lieutenant français.
Avec « Les Harkis », il met en scène frontalement le sujet épineux de ces supplétifs algériens, qui avaient fait le choix de la France.
Abandonnés par elle à la fin de la guerre d’Algérie et en grande partie massacrés par les indépendantistes algériens, ils sont les mal aimés de l’Histoire.
Considérés comme traîtres et collabos dans leur pays d’origine, ils ont payé chèrement leur fidélité à la France, où la faible proportion du contingent qui a été rapatrié sur notre territoire s’est trouvée parquée dans des camps, jusqu'au milieu des années 1970.
Philippe Faucon nous donne à voir, durant les cinq dernières années du conflit, le triste destin de quelques uns de ces supplétifs.
Un film dramatique et éprouvant, où le cinéaste ne nous épargne pas la part que ceux-ci ont dû prendre dans cette sale guerre, en participant aux représailles contre leurs frères fellaghas et même aux tortures.
Le principal mérite ici est de revenir longuement sur cet épisode que, des deux côtés de la Méditerranée, ont préfère généralement passer sous silence et sur lequel les rescapés eux-mêmes, écrasés par le poids de l’opprobre et la honte, ne se sont guère confiés à leurs propres descendants.
Et pour cause !
Quoique violent, on sait cependant que la réalité fut plus atroce encore que ce que le film nous montre…
https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19597882&cfilm=271290.html
Scène de massacres des harkis que l'on ne voit pas dans le film...
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