Jésus...
« Jesús López » de Maximiliano Schonfeld, avec Lucas Schell, Joaquin Spahn et Sofia Palomino.
Jesús López, star locale, as de la course automobile, meurt subitement dans un accident de moto.
Abel, son jeune cousin de la campagne, timide et au physique ingrat, marqué de surcroit par les cicatrices de brûlures dont il a miraculeusement échappé, va prendre sa place.
Belle surprise que ce troisième long métrage du jeune cinéaste argentin Maximiliano Schonfeld.
Un mélo fantastique, à base de deuil et de ruralité, qui mêle l’amour à la mort, sur fond de réincarnation et de mysticisme.
A partir de cette trame dramatique, le cinéaste déroule un fil narratif tout en finesse et inventivité.
En commençant par nous faire entrer de plain-pied, entre bruit et fureur, dans la… mort, au côté d’un ange noir en flammes d’or filant à toute vitesse sur sa pétaradante moto !
Après quoi l'histoire peut se déployer, ponctuée, tout du long, par d’autres plans tout aussi spectaculaires, telle l’impressionnante colonne de motards sillonnant le bitume dans la nuit ou le violent orage d’été rafraichissant les jeunes corps saturés de chaleur.
Une histoire planante, propre à nous faire entrer dans la quatrième dimension, ainsi qu’Abel, qui, grisé à son tour par la vitesse, se réincarnera un temps dans la peau de Jésus, non pas pour prendre sa place mais pour mieux s’affirmer lui-même.
Une histoire de l’abélisation plus que de réincarnation, portée par des acteurs convaincants (Lucas Schell et Joaquin Spahn) et une musique particulièrement prenante.
Et Abel.
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