« Les Volets verts » de Jean Becker, avec Gérard Depardieu, Fanny Ardant, Benoît Poelvoorde, Stéfi Celma, Anouk Grinberg et Fred Testot.
Prenez un maître queux reconnu, Jean Becker, 84 ans, fils de Jacques Becker (« Touchez pas au grisbi »), des ingrédients de premier choix (un roman de Georges Simenon adapté par Jean-Loup Dabadie), des acteurs plus que confirmés, tel le duo reconstitué des deux acteurs principaux de « La Femme d’à côté », l’un des plus beaux films de François Truffaut (1981), Gérard Depardieu et Fanny Ardant, et saupoudrez le tout de quelques refrains inoubliables de la chanson française : « Il suffirait de presque rien » de Serge Reggiani ou « Une Petite cantate » de Barbara.
Normalement, vous devriez vous retrouver devant un plat des plus savoureux ?
Hélas, il n’en est rien !
Juste un mets sans surprise, qui ne réjouit pas les papilles.
Dans le rôle d’un ex acteur flamboyant, partagé entre une passion ancienne et une liaison nouvelle, Depardieu, malgré tout son immense talent mais lesté par son terrible poids ne parvient plus à nous faire décoller de notre siège. Ni du sien, en ce qui le concerne. Avalant de grandes lampées de vodka contre l’avis de son médecin, il se contente d’illustrer scrupuleusement cette histoire d’une crise cardiaque programmée.
Fanny Ardant, en diva toujours alerte, est plus caricaturale que jamais. Son seul mérite est de faire mentir la règle générale qui veut que les hommes vieillissent mieux que les femmes.
Benoît Poelvoorde, dans la peau du vieil ami fidèle et passablement cabotin, est égal à lui-même, et Anouk Grinberg, en costumière hystérique est carrément pathétique.
Le roman de Simenon, transposé de nos jours, n’est plus en phase avec la sociologie propre à notre époque et perd beaucoup de son charme « atmosphérique ».
Même la pièce de Sacha Guitry, dans laquelle Depardieu et Ardant triomphent chaque soir sur les planches, semble dénuée d’esprit et n’apparait plus que comme du théâtre de boulevard.
La seule émotion que l’on ressente à la projection de ce film aux allures posthumes, et dont on ressort en ayant le sentiment d’avoir pris un sacré coup de vieux, est une insondable tristesse !
Seule la maison aux volets verts de la Côte d’Azur est encore susceptible de nous faire un brin rêver.
Un film (alimentaire) de trop pour la plupart des intervenants, qui réduit le cinéma à un art de pur divertissement bourgeois…
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