« Il Boemo » de Petr Vaclav, avec Vojtěch Dyk, Barbara Ronchi et Elena Radonicich.
Connaissiez-vous le compositeur pragois Josef Myslivecek (1737-1781), dit « le divin Boemo » ?
Je n’en avais jamais entendu parler au point que je croyais que c’était un personnage de fiction.
Le film réalisé par son compatriote Petr Vaclav, qui vient de sortir en salle cette semaine, lui rend un juste hommage.
Josef avait un frère jumeau, Jachym, tout aussi semblable et dissemblable que lui.
Violoniste remarquable, le premier partira en Italie perfectionner ses connaissances musicales en matière de composition d’opéra, tandis que le second, tout aussi virtuose mais plus sage, se contentera de reprendre la gestion de la minoterie familiale.
Doublement bohème (de naissance et dans sa façon de vivre), Josef Myslivecek, grand bel homme, à l’égal d’un Giacomo Casanova, tirera d’abord le diable par la queue mais, grâce à ses charmes, s’attirera l’aide et le soutien de belles aristocrates vénitiennes, avant de connaître la consécration.
Une consécration qui lui vaudra, à la suite du succès de son opéra Il Bellerofonte, qui lui avait été commandité par le roi de Naples, Ferdinand IV, des commandes de la plupart des plus prestigieux théâtres lyriques d’Italie, et d’écrire des airs pour les plus célèbres divas de l’époque, telle La Gabrielli, dont il fut l’un des nombreux amants.
Il croisera aussi sur son chemin le jeune Mozart, qui l’admirait et s’inspira d’une de ses oeuvres pour la composition de l’un de ses propres opéras.
Mais alors que celui-ci, contrairement au Boemo, ne parviendra jamais à percer vraiment en Italie, il deviendra cependant immortel, alors que le second sera par la suite totalement oublié.
Celui qui, avec une trentaine d’opéras, était alors considéré comme le compositeur le plus prolifique de l'opéra italien, sera rattrapé par la syphilis, qui lui rongera en partie le visage, et misérablement sa vie à Rome.
Bien documenté, nous restituant fidèlement l’Italie flamboyante du XVIIIe siècle, porté par de superbes voix et des airs de musique savoureux, le film de Petr Vaclav, plus académique qu’original, souffre néanmoins d’une languissante longueur…
https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19601465&cfilm=306841.html
contact : jackybarozzi@aol.com