« Le Règne animal » de Thomas Cailley, avec Romain Duris, Paul Kircher et Adèle Exarchopoulos.
Le film est bien foutu, les acteurs sont impeccables et je n’ai rien à redire sur les effets spéciaux, les costumes et les artifices du maquillage, mais pourtant cette histoire d’humains mutant en animaux hybrides et étranges ne m’a pas vraiment convaincu.
Je dirais même mieux, elle m’a gêné et m’a empêché d’adhérer à l’enthousiasme général généré par ce film.
Pourquoi ?
Ce n’est ni un conte de fée, ni tout à fait une fable, ni de la science fiction à proprement parler ou du cinéma fantastique.
C’est un superbe ovni, à caractère prophétique et idéologique, à dominante écologique.
Et c’est probablement là que, tout du moins à mes yeux, le message blesse.
J’y ai surtout vu une perversion de « l’Émile » (prénom de l’enfant mutant du film) de Jean-Jacques Rousseau.
L’exact contraire de « L’Enfant sauvage » de François Truffaut, où il s’agissait de sortir un enfant de la bestialité et de le mener, de l’intégrer, à la civilisation.
Ici, par un phénomène de régression extrême, il serait plutôt question de la désintégration progressive et totale de l’humanité et de son retour définitif à la nature…
Une perspective qui, personnellement, ne m’enchante guère !
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