« Les Colons » de Felipe Gálvez Haberle, avec Camilo Arancibia, Mark Stanley et Benjamin Westfall.
Cela commence comme un western à la Sergio Leone et vire soudainement au film historique et politique.
En Terre de Feu, au début du XXe siècle, trois cavaliers de l’apocalypse : deux méchantes brutes, un Anglais et un Yankee, ainsi qu’un métis, sont engagés par un riche propriétaire terrien, José Menendez, pour déposséder de leurs terres et massacrer au passage les dernières populations autochtones.
Une ruée vers l’Atlantique, qui s’est accompagné à l’époque du génocide des indiens Selk’nam de Patagonie, appelés Onas par les Blancs.
Une page sanglante, généralement occultée ou édulcorée par l’histoire officielle du Chili, qui s’arrête étrangement à 1973, et ne parle pas non plus de la dictature du général Pinochet, qui s’en est suivie alors, ainsi que le souligne le cinéaste chilien.
Il a fallu pas moins de 8 ans à Felipe Gálvez, 40 ans et vivant à Paris, pour mener à bien le projet de ce premier long-métrage.
Un film puissant, sans afféteries esthétisantes ni moyens hollywoodiens, tels que le récent « Killers of the Flower Moon » de Martin Scorsese, sur le même thème.
Ici, les évènements, brut de brut, sont vus à travers les yeux grands ouverts de Segundo, le métis embarqué de force dans cette expédition punitive, et jugés par le silence imperturbable de la femme indienne, rescapée du massacre, qui deviendra son épouse.
Un film tout autant effroyable que magistral.
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