Autore: Jacky Barozzi • 24 settembre 2026
« Les Roches Rouges » de Bruno Dumont, avec Kaylon Lancel, Kelsie Verdeilles, Louise Podolski et Mohamed Coly. Si le paradis terrestre existe, il pourrait se lover, entre mer et montagne, du côté du viaduc d’Anthéor, à l’entrée ouest du massif de l’Estérel. L’un des paysages de ma propre enfance dont je me demande bien à quel moment j’en ait été chassé ? Là, le temps d’un été, une bande d’enfants n’ayant pas encore atteints l’âge de raison s’adonnent à sauter, en toute liberté et insouciants de tout danger, depuis les rochers rouges dans les profondeurs de la Méditerranée ou à sillonner sur leurs quads électriques les routes et les chemins des hameaux alentours. Parmi eux, le petit Géo, d’à peine 5 ans, éprouve, le temps d’un été, ses premiers élans amoureux pour la jolie Eve : une blondinette aux yeux clairs, comme lui, mais physiquement plus grande et déjà pourvue d’un petit « amoureux ». C’est ce monde de la prime enfance, où l’amitié se mêle à la rivalité et à la jalousie, et où les adultes sont relégués à de la simple figuration, que nous donne à voir, dans toute la splendide singularité du décor azuréen, la caméra de Bruno Dumont. Une histoire épurée, d’avant la sexualité, que le cinéaste filme avec une étonnante économie de moyens. Comme si, lui aussi, tendait à retourner de plus en plus à l’enfance du cinéma. Un cinéma sans musique et pratiquement sans dialogues pour ces enfants qui s’expriment essentiellement par leur mimiques et où tout passe à travers leurs regards. Avec une bande-son composée uniquement des bruits de la nature, ponctuée par le vrombissement sourd des trains venus du nord et se dirigeant à toute vitesse vers l’Italie, en passant sur le viaduc situé juste au-dessus de la tête des enfants. Beau, lumineux et un brin austère, comme un film des frères Lumière, qui aurait pu être titré, « L’Entrée en rade de l’Estérel ». h ttps://www.youtube.com/watch?v=9RKV1nX8SFM 
Autore: Jacky Barozzi • 18 settembre 2026
« Histoires de la nuit » de Léa Mysius, avec Hafsia Herzi, Benoît Magimel, Bastien Bouillon, Monica Bellucci et Tawba El Gharchi. Au générique, le film est annoncé comme écrit et réalisé par Léa Mysius, d’après l’oeuvre de… Exit Laurent Mauvignier, auquel on a payé le prix de l’histoire en le priant de s’abstenir de participer au scénario. N’ayant pas lu le roman, je ne peux donc que parler du film qui m’a été donné à voir et à entendre. Pourquoi malgré une histoire solide avec une montée en puissance, des personnages bien campés, la révélation d’un secret bien caché, des images impeccablement filmées et une musique trépidante n’ai-je pas été proprement emballé ? Au point d’être toujours resté sur l’expectative, notant au passage les nombreuses incohérences de ce thriller rural situé dans une grande ferme avec dépendances. Un éleveur que l’on ne verra plus s’occuper de son important cheptel de vaches durant toute la journée et la nuit constitutives de l’unité de temps du film. Ce même éleveur, abattu d’un coup de révolver et couché au sol, qui se relève, prend un fusil, et éclate la tête de l’un de ses agresseurs. La coloc de la ferme, une peintre italienne de renom, qui plante un cutter dans le cou d’un autre ravisseur, qui s’en sort indemne tandis qu’elle se retrouve morte, vidée de son sang à ses pieds. Même le couple d’acteurs habituellement excellents, Hafsia Herzi et Bastien Bouillon, ne m’ont pas parus convaincants et convaincus par leur rôle. Benoît Magimel, dans celui d’un ex taulard pervers et sentimental s’en sort mieux. Seule Monica Bellucci, confortablement installée dans son loft new-yorkais au coeur de la campagne française, est impériale dans l’interprétation de son chant du cygne à la jeunesse et à la beauté. Avec une mention toute spéciale pour Tawba El Gharchi, la fille des fermiers, étonnante gamine au regard noir et à la mine déconfite face aux révélations de cette nuit sanglante dont elle est le témoin privilégié. https://www.youtube.com/watch?v=m5yA7RlZssA
Autore: Jacky Barozzi • 16 settembre 2026
« Rose » de Markus Schleinzer, avec Sandra Hüller, Caro Braun et Marisa Growaldt. Le cinéaste autrichien Markus Schleinzer aime l’Histoire avec un grand H. Après « Sissi & moi », où Sandra Hüller s’affirmait déjà dans le rôle de l’impératrice viennoise, ou « La Conférence », situé à l’époque de l’Allemagne nazie, il s’attaque ici à un film nettement plus archaïque qu’historique. Un genre comme un autre, tel le cinéma de science-fiction. À part que dans le cas du film archaïque l’imaginaire des scénaristes n’est pas projeté dans le futur mais dans le passé : un voyage inter temporel inversé. En l’occurence à l’époque de la Guerre de Trente Ans, qui ravagea l'Europe de 1618 à 1648. Avec les films archaïques, les cinéastes ne nous disent pas Voilà où nous allons mais Voilà d’où l’on vient . Et c’est tout aussi effrayant ! Car les meilleurs films archaïques ou de science-fiction ne sont-ils pas ceux qui nous (re)connectent directement avec notre présent ? C’est ainsi qu’à travers « Rose », magistrale reconstitution, en noir et blanc, Markus Schleinzer nous parle de la condition féminine dans le contexte du mariage pour tous et de l’épineuse problématique transgenre, deux thèmes terriblement en vogue aujourd’hui. Comment une femme grimée en homme, revenue de la guerre passablement marquée dans sa chair, va t-elle pouvoir s’installer dans une petite communauté rurale, y prospérer, se marier et avoir un enfant ? Et qu’advient-il quand son secret est éventé… Le spectateur qui assistait alors à une version féminine du « Retour de Martin Guerre » est soudainement projeté dans « Le Procès de Jeanne d’Arc ». Si tels Gérard Depardieu, Nathalie Baye ou Sandrine Bonnaire adoubés dans les films précédemment cités, le passage par le film archaïque semble obligé pour acquérir le titre de Grand Acteur, on peut dire que Sandra Hüller est reçue haut la main dans cette catégorie ! Mais qui en doutait ? h ttps://www.youtube.com/watch?v=9T9Q1Qer9zo
Autore: Jacky Barozzi • 10 settembre 2026
« Adieu monde cruel » de Félix de Givry, avec Milo Machado-Graner, Jane Beever, Emmanuelle Destremau, Maïa Sandoz et la voix de Françoise Lebrun. Si les histoires d’amour finissent mal en général, il arrive parfois que les histoires de mort finissent bien. C’est ce qu’illustre magistralement ce premier long métrage de fiction de Félix de Givry. Otto Vidal, un élève harcelé de 14 ans adresse une lettre d’adieu aux élèves de sa classe, avant de se jeter à l’eau du haut d’un pont. Plongeant ainsi sa mère, son établissement scolaire et toute sa ville natale dans la consternation. À défaut de son corps, on ne retrouvera que les effets personnels de l’adolescent qui, au moment de disparaître sous les flots, va être saisi d’un salutaire instinct de survie et rater son suicide. C’est alors que Léna, une fille de son lycée, le débusque dans un bâtiment abandonné de la région et lui propose son aide afin qu’il puisse, ainsi qu’il en a le souhait, disparaître aux yeux de tous. Sans être aussi innovant que « Les 400 coups » de François Truffaut, le film de Félix de Givry, d’une facture quasi vintage, tout en révolte contenue et extrême douceur, nous fait furieusement penser au cinéma de cette figure majeure de la Nouvelle Vague. Même intensité autour des sentiments passionnels chez les personnages, même délicatesse à filmer la province (sans être nommée, on reconnait Lisieux), même surlignement mélodramatique apporté par la musique (signée ici par le compositeur Arnaud Toulon), même goût enfin pour l’introduction d’une dimension littéraire dans la narration cinématographique : l’histoire d’Otto et Lina nous est contée en voix off par Françoise Lebrun, comme l’était celle des personnages incarnés par Fanny Ardant et Gérard Depardieu dans « La Femme d’à côté ». Soulignons encore la grâce des deux jeunes protagonistes du film, Milo Machado-Graner, révélé dans « Anatomie d'une chute » de Justine Triet, et Jane Beever, tout en tendresse et rousseur. https://www.youtube.com/watch?v=0BF3YRoK_30
Autore: Jacky Barozzi • 27 agosto 2026
« L’Inconnue » de Arthur Harari, avec Léa Seydoux, Niels Schneider, Valérie Dréville et Lilith Grasmug. David, photographe, croise une inconnue à l’occasion d’une fête. Ils font l’amour, sans un mot d’échange au préalable. À la suite de quoi, David se retrouve soudainement plongé dans la peau de sa partenaire d’un soir. Plus tard, il retrouve son corps errant dans lequel, après un échange sexuel, se retrouve désormais une jeune fille de 18 ans. Commence alors pour eux une longue quête pour retrouver la première « contaminatrice » de l’histoire. La boucle sera t-elle alors bouclée et les protagonistes pourront-ils réintégrer leurs propres corps ? Rien n’est moins sûr ! Voilà bien un film étrange, plus d’auteur que de genre, où l’on a envie de crier à Arthur Harari : « Sors du corps de Léos Carax ! ». Un film ambitieux, troublant, dérangeant, limite prise de tête, dont l’on se doute que l’on n’en ressortira pas tout à fait intact. Le plus étrange ici est le jeu hallucinatoire de Léa Seydoux et Niels Schneider, que l’on ne reconnait pas : l’une est lestée des kilos perdus par l’autre. Dans quel état de dépression profonde sont-ils tombés pour en arriver à cet état corporel ? Va t-on y passer à notre tour, se demande t-on inquiet ? Un voyage sans retour, sous forme de cauchemar, comme les photos de la banlieue que réalise David et met en regard avec les cartes postales des années 1930 des mêmes lieux, désormais irreconnaissables ! https://www.youtube.com/watch?v=tWLwgjuXejM
Autore: Jacky Barozzi • 21 agosto 2026
« Fjord » de Cristian Mungiu, avec Sebastian Stan, Renate Reinsve et Lisa Carlehed. Seconde Palme d’Or du cinéaste roumain Cristian Mungiu, après « 4 mois, 3 semaines, 2 jours » en 2007, « Fjord », bouscule la doxa actuelle en vigueur. Est-ce un conte, une fable, une parabole ? Non, plutôt un cas d’espèce, inspiré de faits réels, soigneusement écrit et mis en scène, sans parti pris ni leçon de morale ostentatoire, et livré à la seule appréciation du spectateur. Comment au jeu des sept familles proposé ici, la famille Traditionaliste, venue s’installer au fin fond d’un fjord norvégien et vivant pieusement selon les préceptes de la Bible, en toute discrétion et sans prosélytisme toutefois, va t-elle se retrouver en butte avec les diverses familles Progressistes locales ? Dans ce huis-clos villageois, mais néanmoins universaliste, où sont convoqués tour à tour ou conjointement les grand-parents, parents et enfants, de ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas, il peut arriver que l’application des grands principes démocratiques et laïcs en matière d’éducation, de protection de l’enfance et de la vieillesse, de respect des convictions politiques ou religieuses de chacun puissent aboutir à des situations en totales contradictions avec leurs intentions premières. Sans remettre en cause leur légitimité, Cristian Mungiu nous montre que leur application à la lettre plus qu’en esprit peut-être elle-même source d’injustice. L’intolérance ne se trouvant pas toujours du côté que l’on croit. Que ceux qui n’ont pas pensé à la projection du film à une famille musulmane en place de la famille évangéliste du film lèvent le doigt ! Oui, un film particulièrement dérangeant, qui heurte de plein fouet nos convictions toutes faites et parfois lénifiantes sur le bien fondé de nos sociétés occidentales, et honore les membres du jury du Festival de Cannes 2026, qui l’on distingué. https://www.youtube.com/watch?v=R7d9fl035hE 
Autore: Jacky Barozzi • 14 agosto 2026
« Soudain » de Ryūsuke Hamaguchi, avec Virginie Efira, Tao Okamoto, Kodai Kurosaki, Gabriel Dahmani et Marie Bunel. Contrairement à la manière cinématographiquement fluide et fondamentalement théâtrale du fascinant « Drive My Car », le film qui l’a révélé au public international en 2021, le cinéaste japonais Ryusuke Hamaguchi, 47 ans, s’attaque ici à des thématiques lourdes, propres au monde occidental contemporain. Partant en effet du constat irréversible que le capitalisme patriarcal traditionnel, où l’on meurt de plus en plus vieux et où le taux de natalité décroit irrémédiablement, Ryūsuke Hamaguchi nous conte une histoire de sororité idéale, organisée autour de la rencontre inopinée de Marie-Lou, une directrice d’Ehpad public parisien, et de Mari, une metteuse-en-scène japonaise en phase finale de cancer. La première ayant passé son master d’anthropologie au Japon et la seconde ayant poursuivi ses études de philosophie à la Sorbonne, les deux femmes n’ont aucun mal à communiquer. Celles-ci, fortes de leurs diversités et de leurs expériences, vont s’unir afin de rendre, dans un monde où plus rien ne va pour le mieux, « l’impossible possible ». Pas moins ! Cela donne un film long, lent, didactique et analytique, plus idéaliste que réaliste, qui serait probablement insupportable au spectateur, s’il n’était transcendé par la grâce du jeu des actrices, les indissociables Virginie Efira et Tao Okamoto, double prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes. https://www.youtube.com/watch?v=dwYt4SQCDV0
Autore: Jacky Barozzi • 3 agosto 2026
En attendant la sortie prochaine de la Palme d’Or et du double Prix d’interprétation féminine, deux films présentés également en compétition au dernier Festival de Cannes sont actuellement à l’affiche. Deux oeuvres, non sans qualités, qui se laissent voir avec intérêt, portés par des interprètes loins de démériter, mais dont on peut se demander toutefois s’ils avaient leur place dans la sélection officielle de cet évènement culturel de portée internationale ? Leur point commun est d’être les premiers longs métrages de jeunes réalisatrices françaises. Cela bien à part, leur genre divergent totalement. Mon premier, est une romance psychologique située entre Paris et une station balnéaire du Var. Une fille un peu paumée (India Hair) dont la grand-mère, qui l’a élevée depuis la mort précoce de sa mère, vient de mourir à son tour, est chargée de transmettre une caisse de vieux vinyles disco à un ancien jeune homme des années 1970 (Eric Cantonna). Un film sympathique, prétexte à un charmant voyage d’hiver dans le sud de la France et ouvrant la porte à la possibilité d’amours renaissantes hors normes. Mon second est un thriller politico-social, nettement plus dérangeant que le film précédent. Un huis-clos dans un hôtel particulier du 16e arr., lieu de confrontation entre une splendide femme (Soundos Mosbah) richement entretenue mais tenue sous clé par un prince saoudien et une jeune fille (Malou Khebizi) engagée à son service exclusif 24 h/24 et 7 jours sur 7. Une relation tendue et ambiguë entre maîtresse et esclave, dont on sait que les rôles sont réversibles, pour cette version contemporaine et racisée des Bonnes (Beurettes) de Jean Genet, sur fond de luxe de classe et de cage dorée. « Les Matins merveilleux » de Avril Besson, avec India Hair, Raya Martigny et Eric Cantona. https://www.youtube.com/watch?v=gsnWhgyZVPI  « Le Triangle d'or » de Hélène Rosselet-Ruiz, avec Malou Khebizi, Soundos Mosbah et Ziad Bakri. https://www.youtube.com/watch?v=psFpfpWyiUE
Autore: Jacky Barozzi • 26 luglio 2026
« Maspalomas » de Aitor Arregi et José Mari Goenaga, avec José Ramón Soroiz, Nagore Aranburu et Kandido Uranga. Aux abords de la cinquantaine, Vicente a quitté sa femme et sa fille pour suivre un homme avec lequel il a vécu 25 ans. À 75 ans, redevenu célibataire, ce basque espagnol de San Sebastian part en vacances à Maspalomas, un haut-lieu de la gaytitude internationale des îles Canaries, afin de s’éclater. N’était-il pas temps ? Hélas, il est soudainement victime d’un AVC et rapatrié à Donostia par sa fille, où elle le place dans un Ehpad. Suit alors pour Vincente un long temps de repos, de rééducation et de méditation sur ce que fut sa vie d’homosexuel tardivement affirmé et désormais devenu irrémédiablement vieux. Une fable traitée avec réalisme et sensibilité par les deux cinéastes espagnols Aitor Arregi et José Mari Goenaga et dont la morale est que, quel que soit l’âge et le physique, on peut toujours finir par trouver chaussure à son pied. À condition de s’en donner les moyens, avec courage et détermination. Un film à caractère dramatique mais plus joyeux que pessimiste, porté grâce au jeu remarquable de l'acteur José Ramón Soroiz. https://www.youtube.com/watch?v=vw-NIbHpKkM
Autore: Jacky Barozzi • 24 luglio 2026
« De la Comédie-Française » de Martin Darondeau et Bertrand Usclat, avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison, Marina Hands, Danièle Lebrun, Guillaume Gallienne et Benjamin Lavernhe. Ce n’est pas un chef-d’oeuvre, juste une gentille pochade sur ces comédiens dont le patronyme est suivi sur les génériques de films de la mention : « De la Comédie-Française ». Ça ressemble à un spectacle de fin d’année, porté par une partie des sociétaires et pensionnaires de cette vénérable institution et donné en représentation unique devant un parterre d’abonnés triés sur le volet. L’argument : Nina, jeune comédienne du Français, met la dernière touche aux préparatifs de sa première mise en scène, le « Macbeth » de William Shakespeare, dont la Première doit débuter 3 heures plus tard. Le temps de voir s’accumuler les catastrophes techniques, les situations professionnelles et humaines les plus rocambolesques ou scabreuses, la démultiplication de l’égo des membres de la troupe, la montée du trac… Au point de se demander si la représentation ne doit pas être annulée, malgré la présence annoncée de la Ministre de la Culture. Mais heureusement que le fantôme de Molière vieille sur son invincible Maison ! C’est drôle, vaudevillesque à souhait, joué par des comédiens à la diction parfaite dont le principal paradoxe est d’introduire une part de modernité dans ce temple de la tradition. L’un des mérites du film est de nous faire découvrir la Comédie-Française en profondeur, depuis les espaces publics jusqu’aux espaces privés : coulisses, loges, coursives, cantine, machinerie… https://www.youtube.com/watch?v=jGNJ105YuxA
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